Qui gagne, qui paie, partie 8

Le bilan net des États-Unis

La vague de construction du Canada dans les ressources rapporte un peu aux États-Unis; la guerre commerciale leur coûte davantage. Dans notre modèle, les États-Unis ne s'en sortent gagnants par rapport à 2024 d'ici 2034 que si presque tous les dommages tarifaires actuels ont disparu, et la décennie les laisse perdants dans tous nos tirages.

Par W.F.Publié le 21 min de lectureSources et méthode

Version originale en anglais : What the US nets

Le bilan net du Canada faisait les comptes du côté canadien et laissait une ligne en blanc : ce que la guerre commerciale coûte aux Américains. Cet article la compte, sur les mêmes tirages simulés, par rapport à 2024.

La vague de construction du Canada dans les ressources rapporte un peu aux États-Unis; la guerre commerciale leur coûte davantage. D'ici 2034, la vague de construction ajoute environ 1,5 milliard de dollars américains par année au revenu des Américains, surtout sous forme de profits des propriétaires américains du pétrole, du gaz et du GNL canadiens. Les États-Unis ne s'en sortent gagnants que s'il reste moins d'environ 10 % des dommages tarifaires actuels, contre environ 57 % pour le Canada. Si les tarifs actuels s'estompent comme l'ont fait les tarifs américains passés, il en reste environ le quart, et les États-Unis s'en sortent gagnants dans environ 14 % de nos tirages, le Canada dans 98 %.

Dommages tarifaires encore en place en 2034 États-Unis gagnants en 2034, dans notre modèle Résultat typique des États-Unis en 2034 Canada gagnant Les deux pays gagnants
Aucun : la guerre commerciale est finie 78 % +1,5 milliard $ US par année 100 % 78 %
10 % 50 % 0,0 milliard $ US par année 100 % 50 %
Environ le quart : les tarifs actuels s'estompent comme l'ont fait les tarifs américains passés 14 % -2,0 milliards $ US par année 98 % 14 %
La moitié 0,3 % -6,2 milliards $ US par année 62 % 0,2 %
La totalité : les tarifs ne prennent jamais fin Aucun -13,8 milliards $ US par année 9 % Aucun

Sur la décennie, les États-Unis sont perdants dans tous nos tirages. Additionnées de 2025 à 2034, les années de guerre les laissent perdants, typiquement d'environ 65 milliards de dollars américains, et le Canada d'environ 89 milliards de dollars canadiens.

Tous les montants sont en dollars de 2024. La ligne « environ le quart » laisse varier la part des dommages qui reste autour de cette moyenne, comme dans Le bilan net du Canada. Même la ligne « la totalité » laisse aux contre-tarifs du Canada leur propre probabilité de durer; les contre-tarifs n'y sont donc pas à pleine intensité.

Affirmation · résultatComptée en revenus des Américains, la vague de construction du Canada leur rapporte environ 1,5 milliard de dollars américains par année d'ici 2034, surtout en profits des propriétaires américains de pétrole, de gaz et de GNL canadiens, mais la guerre commerciale leur coûte davantage. Les États-Unis ne s'en sortent gagnants en 2034 que s'il reste environ un dixième ou moins des dommages causés par les tarifs actuels (le Canada, à moins qu'il en reste environ 57 %), ce qui se produit dans environ 14 % de nos simulations si les tarifs s'estompent comme les tarifs américains passés. Dans un cas comme dans l'autre, le montant est faible pour les États-Unis : environ 0,006 % de leur économie en 2034. Ce calcul porte sur les revenus; la prévision voulant qu'un approvisionnement canadien accru parvienne aux États-Unis porte sur les volumes.
Comptée en revenus des Américains, la vague de construction du Canada leur rapporte environ 1,5 milliard de dollars américains par année d'ici 2034, surtout en profits des propriétaires américains de pétrole, de gaz et de GNL canadiens, mais la guerre commerciale leur coûte davantage. Les États-Unis ne s'en sortent gagnants en 2034 que s'il reste environ un dixième ou moins des dommages causés par les tarifs actuels (le Canada, à moins qu'il en reste environ 57 %), ce qui se produit dans environ 14 % de nos simulations si les tarifs s'estompent comme les tarifs américains passés. Dans un cas comme dans l'autre, le montant est faible pour les États-Unis : environ 0,006 % de leur économie en 2034. Ce calcul porte sur les revenus; la prévision voulant qu'un approvisionnement canadien accru parvienne aux États-Unis porte sur les volumes.

Notre façon de compter

Le revenu des Américains, 2034 par rapport à 2024. Nous comptons les salaires, les profits des propriétaires américains et les recettes du gouvernement américain tirés de la vague de construction du Canada, chaque projet compris, peu importe qui l'a décidé, et de la guerre commerciale, par rapport à une situation sans tarifs ni ripostes canadiennes. Les 20 000 tirages sont ceux de notre modèle canadien, appariés un à un : un pipeline construit dans un tirage l'est des deux côtés des comptes.

L'argent qui passe d'un Américain à l'autre reste à côté des comptes. Les droits de douane payés par les acheteurs américains vont au Trésor américain; les prix plus élevés que les producteurs de métaux américains demandent à l'abri des tarifs restent aux entreprises américaines; l'aide agricole va des contribuables américains aux agriculteurs américains. Chacun de ces transferts coûte à quelqu'un, et nous disons à qui plus bas, mais aucun ne rend le pays plus riche ou plus pauvre.

Des estimations de notre modèle, pas des probabilités. Aucun chiffre public ne dira en 2034 ce que les Américains tirent du Canada; nous donnons donc des parts de nos tirages, pas une prévision. Les règles ont été écrites avant que le modèle tourne; toute modification sera datée. Les montants ponctuels sont étalés sur 25 ans au même taux de 7 % que du côté du Canada.

Les comptes

Trois gains, chiffres typiques pour 2034, les tarifs actuels s'estompant comme l'ont fait les précédents :

  • La part des propriétaires américains dans les profits de la production ajoutée au Canada : 2,6 milliards de dollars américains par année. Les entreprises sous contrôle américain réalisent environ les trois quarts des revenus des sociétés pétrolières et gazières sous contrôle étranger au Canada,1 et les investisseurs américains détiennent environ 29 % des actions cotées au Canada.2
  • L'équipement, les matériaux et l'ingénierie américains vendus aux projets canadiens : environ 0,5 milliard de dollars américains par année, une fois étalés. Les États-Unis fabriquent environ 48 % des types de biens d'équipement que le Canada importe pour de tels projets.3
  • Des prix plus bas pour la potasse, l'uranium et les métaux, que les États-Unis importent : environ 0,4, 0,3 et 0,1 milliard de dollars américains par année.

Ksi Lisims montre où se trouve l'argent américain. Son promoteur, Western LNG, établi à Houston, est financé surtout par des investisseurs américains,4 si bien qu'une bonne partie de ses profits irait aux États-Unis. La deuxième phase de LNG Canada, détenue surtout par des entreprises asiatiques et européennes, en envoie peu.

ProjetKsi Lisims LNG
GNL · va vers la côte · approuvé · 12,0 Mt/an · Colombie-Britannique

Projet d'exportation de GNL flottant d'une capacité de 12 millions de tonnes par année, sur les terres de la Nation Nisga'a à l'île Pearse, en Colombie-Britannique, mené conjointement par la Nation Nisga'a, Rockies LNG et Western LNG, une entreprise de Houston; le gaz viendrait par le gazoduc proposé Prince Rupert Gas Transmission. Il a obtenu ses approbations environnementales fédérale et provinciale le 15 septembre 2025 et a été soumis au Bureau des grands projets fédéral le 13 novembre 2025; aucune décision finale d'investissement n'avait été prise à la fin de septembre 2026. Les acheteurs annoncés totalisent 8 millions de tonnes par année : Shell (2, contrat d'achat et de vente finalisé en janvier 2024), TotalEnergies (2, mai 2025, sous réserve de la décision d'investissement), Uniper (2, signé en juillet 2026, livraisons à partir de 2032), et des ententes non contraignantes avec SEFE (1, mai 2026) et Santos (1, septembre 2026). Aucun des acheteurs annoncés n'est une entreprise américaine, et les volumes d'Uniper peuvent aller vers n'importe quelle destination.

ProjetLNG Canada – phase 2
GNL · va vers la côte · en construction · 14,0 Mt/an · Colombie-Britannique

Agrandissement du terminal d'exportation de LNG Canada à Kitimat, en Colombie-Britannique : deux trains de plus ajoutent environ 14 millions de tonnes par année, ce qui double la capacité pour la porter à 28 millions de tonnes par année. Soumis au Bureau des grands projets le 11 septembre 2025. Les partenaires de la coentreprise (Shell, PETRONAS, PetroChina, Mitsubishi et KOGAS) ont pris la décision finale d'investissement le 29 septembre 2026 (le communiqué de LNG Canada est daté du 28 septembre), alors que le projet de loi C-39 était encore à l'étude au Parlement et que la Mégadéduction à la productivité n'était encore qu'un avant-projet. Le Cabinet du premier ministre et le Bureau des grands projets évaluent l'investissement à 33 milliards de dollars; Shell prévoit le début de l'exploitation commerciale au début des années 2030. La décision permet à cinq Premières Nations, par l'intermédiaire de MNT Investments LP, d'investir jusqu'à 1 milliard de dollars canadiens pour acquérir une participation majoritaire dans le réservoir de stockage de GNL de la phase 2. Selon TC Énergie, la phase 2 de Coastal GasLink, qui ajoute des stations de compression pour presque doubler la capacité du gazoduc, ira de l'avant. Chaque partenaire est responsable de l'enlèvement de sa propre part de la production; les annonces ne nomment aucun acheteur tiers pour la production de la phase 2.

Deux postes négatifs parmi les gains :

  • Les raffineurs américains paient plus cher le pétrole lourd : -1,1 milliard de dollars américains. Ils achètent la majeure partie du brut de l'Ouest canadien à une décote qui suit le prix albertain dollar pour dollar depuis 2015.5 De nouvelles voies vers la côte la réduisent, surtout Pacific Link, inscrit en octobre en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada (Loi sur l'unité de l'économie canadienne (comprenant la Loi visant à bâtir le Canada) (C-5)) et construit dans environ 29 % de nos tirages. Le Canada compte cette réduction comme un gain; ces mêmes dollars sont payés par les raffineurs américains. En dollars canadiens, les raffineurs paient environ 1,5 milliard. Les comptes du Canada ne retiennent que la part des propriétaires canadiens, typiquement environ 0,8 milliard; l'essentiel du reste va aux propriétaires étrangers des producteurs canadiens, et la partie détenue par des Américains revient du côté américain sous forme de profits.
  • Un gaz moins cher : -0,6 milliard de dollars américains. Les États-Unis exportent désormais plus de gaz qu'ils n'en importent, environ 16 milliards de pieds cubes par jour de plus en 2025,67 si bien qu'un prix plus bas coûte davantage aux producteurs américains qu'il ne fait économiser aux acheteurs américains. L'économie des acheteurs, environ 3,3 milliards de dollars américains par année, reste à côté des comptes.
Événement · 2026-10-01 · action · CanadaCarney inscrit le pipeline de la côte Ouest, rebaptisé Pacific Link, comme premier projet d'intérêt national à l'annexe 1 de la Loi visant à bâtir le Canada

À Fort McMurray, le 1er octobre 2026, le premier ministre Carney a inscrit le pipeline de la côte Ouest, désormais appelé Pacific Link, comme projet d'intérêt national à l'annexe 1 de la Loi visant à bâtir le Canada, le premier projet ainsi désigné (CBC). Le pipeline transporterait environ un million de barils par jour sur quelque 1 250 km, de Bruderheim, en Alberta, jusqu'à un port en eau profonde près de Delta, en Colombie-Britannique (Global News), par un tracé sud qui, selon le gouvernement, protège la côte nord de la Colombie-Britannique et la mer du Grand Ours. Le Canada et l'Alberta en détiendraient des parts égales, Pembina Pipeline en est l'investisseur privé et la Corporation Trans Mountain dirige le développement; une participation d'au moins 10 % serait offerte aux communautés autochtones, financée par des garanties de prêt. Le Bureau des grands projets doit en arrêter les conditions d'ici le 1er septembre 2027 (Cabinet du premier ministre). Aucune décision finale d'investissement ni date de mise en service n'a été annoncée.

Trois coûts, selon la part des dommages actuels encore en place en 2034 :

  • Les tarifs américains sur les produits canadiens : 2,7 milliards de dollars américains par année, environ 12 milliards à pleine intensité. C'est de la production perdue, pas la facture des droits de douane : à pleine intensité, les acheteurs américains paieraient environ 21 milliards de dollars américains par année en droits de douane sur les produits canadiens, qui vont au Trésor. La perte correspond à ce à quoi les acheteurs renoncent en se tournant vers des fournisseurs plus chers ou en se privant, plus les coûts indirects dans les chaînes d'approvisionnement : de 16 à 88 cents par dollar de droits de douane, selon notre lecture de cinq estimations publiées.89101112
  • Les contre-tarifs du Canada : 0,3 milliard de dollars américains, environ 3,6 milliards à pleine intensité, supportés par les exportateurs américains qui vendent moins ou baissent leurs prix. Ils risquent moins de durer que les tarifs américains, environ 40 % de chances même là où ceux-ci restent; le montant en place est donc la pleine intensité multipliée par la part qui reste et par cette probabilité. La liste la plus récente, en vigueur depuis septembre 2026, couvre environ 20 milliards de dollars américains de produits américains, soit environ 6 % des exportations américaines vers le Canada.13
  • Les boycottages des Canadiens : 0,25 milliard de dollars américains, environ 1,1 milliard au niveau actuel, en raison de l'alcool américain retiré des tablettes provinciales et de la baisse du nombre de visiteurs canadiens. Nous comptons le revenu perdu, pas les ventes.
Événement · 2025-02-01 · action · États-UnisLe décret 14193 impose un tarif de 25 % sur les marchandises canadiennes et de 10 % sur l'énergie canadienne, invoquant le fait que le Canada « n'en fait pas davantage » contre la drogue

Le président Trump a signé le décret 14193 le 1er février 2025 en vertu de l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), la loi américaine sur les pouvoirs économiques d'urgence. Le décret affirmait que le fait que « le Canada n'en fasse pas davantage » pour intercepter les trafiquants et la drogue, dont le fentanyl, constituait une « menace inhabituelle et extraordinaire » pour les États-Unis, et imposait à compter du 4 février un droit supplémentaire de 25 % sur les marchandises canadiennes et de 10 % sur l'énergie canadienne. Le 3 février, les tarifs ont été suspendus pour 30 jours; ils sont entrés en vigueur le 4 mars 2025.

Événement · 2025-06-04 · action · États-UnisLes tarifs américains sur l'acier et l'aluminium imposés en vertu de l'article 232 doublent, de 25 % à 50 %, le 4 juin 2025 pour tous les pays sauf le Royaume-Uni

La proclamation 10947 du président Trump, signée le 3 juin 2025, a fait passer de 25 % à 50 % les tarifs de l'article 232 sur l'acier, l'aluminium et leurs produits dérivés à compter de 0 h 01 le 4 juin 2025. Les importations du Royaume-Uni sont restées à 25 % en vertu de l'accord commercial américano-britannique de mai 2025, ce taux pouvant être ajusté à compter du 9 juillet. L'acier et l'aluminium canadiens ont été assujettis au plein taux de 50 %.

Documenté par
Loi ou accord · États-Unis · dernière étape : modificationProclamations en vertu de l'article 338 visant le Canada
annonce 2026-07-20 → entrée en vigueur 2026-08-22 → modification 2026-09-08 → modification 2026-10-23

Première utilisation expresse de l'article 338 du Tariff Act de 1930 pour imposer des tarifs. Trois proclamations du 20 juillet 2026 ont imposé des tarifs de 50 % sur des produits canadiens, en invoquant le traitement réservé par le Canada à l'alcool, aux produits laitiers et aux véhicules automobiles américains; les produits admissibles à l'ACEUM n'en sont pas exemptés. Prévus pour le 19 août, les tarifs ont été suspendus par la proclamation 11056 du 18 août jusqu'à la fin du 21 août et sont entrés en vigueur le 22 août. Cinq proclamations du 8 septembre 2026 ont modifié les listes de produits à compter du 15 septembre et interdit certaines importations à compter du 29 septembre. Une proclamation du 23 octobre a de nouveau modifié la liste liée aux véhicules automobiles à compter du 30 octobre, en retirant 22 lignes tarifaires et en en ajoutant 100, sans changer le taux de 50 %. La fiche d'information de la Maison-Blanche ne chiffre pas la valeur des produits visés; Global Trade Alert l'évalue à 17,7 milliards de dollars américains, et le ministère des Finances du Canada à 27,6 milliards de dollars canadiens.

Événement · 2026-09-08 · action · CanadaLes contre-tarifs canadiens entrent en vigueur sur 27,6 milliards de dollars de produits américains (environ 20 milliards de dollars américains), en réponse aux tarifs américains de l'article 338

À compter de 0 h 01 le 8 septembre 2026, le Canada a appliqué des contre-tarifs de 15 %, 25 % et 50 % à une liste de 27,6 milliards de dollars de produits américains (environ 20 milliards de dollars américains, selon le Congressional Research Service), dont l'acier, les produits laitiers, les électroménagers, le matériel agricole, les pâtes et papiers et les appareils électroniques. Finances Canada a affirmé que la liste répond aux tarifs américains de l'article 338 « dollar pour dollar »; le CRS la décrit comme « dollar pour dollar, taux pour taux ».

Les chiffres typiques ne s'additionnent pas simplement : les lignes évoluent ensemble, si bien que le solde, typiquement -2,0 milliards de dollars américains par année, est calculé tirage par tirage.

Pourquoi le point d'équilibre des États-Unis est si bas

Leurs gains sont minces; leurs pertes augmentent avec les tarifs. Un baril acheté au prix du marché n'enrichit aucun Américain : seuls les profits et les effets de prix comptent, et le plus important effet de prix joue contre les raffineurs américains. Si les tarifs ne prennent jamais fin, les États-Unis sont typiquement perdants de 13,8 milliards de dollars américains par année; il suffit donc qu'il reste environ 10 % des dommages actuels pour annuler leur gain. Les gains du Canada sont bien plus importants, environ 23 milliards de dollars canadiens par année une fois la guerre commerciale finie; il n'atteint donc son point d'équilibre que lorsqu'il reste environ 57 % des dommages.

La décennie

Les États-Unis sont perdants dans tous nos tirages. Leur résultat typique est négatif chaque année de 2025 à 2034, au pire d'environ 11 milliards de dollars américains en 2027. Au total, ils sont typiquement perdants de 65 milliards de dollars américains; dans un tirage sur dix, de plus de 91 milliards.

Même une paix rapide laisse un écart. Si la guerre commerciale avait pris fin à la fin de 2026, les États-Unis seraient encore typiquement perdants d'environ 7 milliards de dollars américains sur la décennie, et gagnants dans seulement environ le cinquième de nos tirages. Une fin en 2028 les laisse perdants d'environ 38 milliards de dollars américains; une guerre sans fin, d'environ 128 milliards. Ces chiffres supposent que les dommages aux États-Unis cessent le jour même où les tarifs prennent fin.

Peu pour les États-Unis, beaucoup pour le Canada

Pour les États-Unis, le solde est minime. Le résultat typique, une perte de 2,0 milliards de dollars américains, représente environ 0,006 % de l'économie américaine en 2034;1415 même si les tarifs ne prennent jamais fin, environ 0,04 %. Le gain typique du Canada, 14 milliards de dollars canadiens, représente environ 0,4 % de son économie en 2034.16

Aux États-Unis, les coûts retombent sur des gens en particulier. Les raffineries du Midwest reçoivent environ les trois quarts du brut lourd canadien que les États-Unis importent,17 si bien que la majeure partie du coût du pétrole lourd leur revient. Les acheteurs américains de produits visés par les tarifs paieraient environ 23 milliards de dollars américains par année à pleine intensité, en droits de douane et en prix plus élevés pour le métal et le bois d'œuvre fabriqués aux États-Unis. Sur l'ensemble des tarifs américains de 2025, la Réserve fédérale de New York a constaté que les importateurs américains en supportaient 94 % du coût jusqu'en août, et 86 % en novembre.18

D'autres ont perdu des ventes. Les exportations américaines de spiritueux vers le Canada ont chuté de 70 % de mars à décembre 2025, et celles de vin de 78 % sur l'année.1920 Les services de voyage américains vendus aux Canadiens ont été inférieurs d'environ 3,7 milliards de dollars américains en 2025 par rapport à 2024;21 la fiche de Statistique Canada ci-dessous mesure les dépenses des Canadiens lors de voyages aux États-Unis (3,3 milliards de dollars canadiens de moins), une mesure différente d'un organisme différent. L'aide de 12,6 milliards de dollars américains accordée par Washington pour les récoltes de 2025 ne nomme pas le Canada; nous estimons la part liée aux contre-tarifs canadiens à environ 0,3 milliard de dollars américains, une seule fois.2223

Événement · 2025-03-04 · action · CanadaDes sociétés provinciales des alcools, dont la LCBO en Ontario et la SAQ au Québec, retirent l'alcool américain de leurs tablettes

Le 4 mars 2025, jour de l'entrée en vigueur des tarifs américains contre le Canada, la LCBO de l'Ontario a commencé à retirer plus de 3 600 produits alcoolisés américains, et la SAQ, à la demande du gouvernement du Québec, a commencé à retirer tous les produits américains et cessé de les importer. En juillet 2026, la Maison-Blanche a invoqué l'arrêt des achats d'alcool américain par les provinces comme l'un des motifs de ses tarifs contre le Canada en vertu de l'article 338.

Graphique · millions $ US
Exportations américaines vers le Canada, en millions de dollars américains :spiritueux (de mars à décembre)vin (année complète)

Comment le lire : Une barre par période, à partir de zéro : les hauteurs se comparent directement. Les séries sont groupées côte à côte dans chaque période, dans l’ordre de la légende. Survolez un point ou une barre pour voir la période et la valeur exactes.

spiritueux (de mars à décembre)vin (année complète)0200400600millions $ US2024Exportations américaines vers le Canada, en millions de dollars américains : spiritueux (de mars à décembre) · 2024 · 203 millions $ USExportations américaines vers le Canada, en millions de dollars américains : vin (année complète) · 2024 · 460 millions $ US2025Exportations américaines vers le Canada, en millions de dollars américains : spiritueux (de mars à décembre) · 2025 · 60,0 millions $ USExportations américaines vers le Canada, en millions de dollars américains : vin (année complète) · 2025 · 103 millions $ US
Source
Événement · 2026-07-22 · document · CanadaStatCan : les voyages de retour des États-Unis des résidents canadiens ont reculé de 25,4 % en 2025, et leurs dépenses aux États-Unis ont diminué de 3,3 milliards de dollars, à 18,8 milliards

Statistique Canada a indiqué le 22 juillet 2026, dans un article de rétrospective annuelle, que le nombre total de retours au pays de résidents canadiens en provenance des États-Unis (tous modes confondus) avait reculé de 25,4 % en 2025 par rapport à 2024, touchant un creux en juillet 2025, près du tiers sous le niveau d'un an plus tôt, et que les dépenses lors de visites aux États-Unis avaient diminué de 3,3 milliards de dollars, à 18,8 milliards en 2025. En août 2026, les voyages de retour des États-Unis en automobile des résidents canadiens étaient en hausse de 9,9 % par rapport à août 2025, mais encore 27,4 % sous le niveau d'août 2024, et les voyages en avion étaient 22,7 % sous le niveau d'août 2024 (Le Quotidien, 11 septembre 2026).

Les gagnants aussi sont bien précis : les propriétaires américains du pétrole, du gaz et du GNL canadiens, les fabricants d'équipement américains, les acheteurs de gaz américains, les producteurs de métaux américains protégés par les tarifs, et le Trésor. Qui paie traite du côté canadien.

Ce qui pourrait changer le résultat

Quatre données font le plus bouger le résultat, chacune modifiée seule, les tarifs actuels s'estompant comme l'ont fait les précédents :

  • Le transfert lié au pétrole lourd. Si les raffineurs américains pouvaient acheter un autre brut lourd au même prix, les États-Unis s'en sortiraient gagnants dans un peu moins de la moitié de nos tirages, environ 49 %.
  • Ce que coûtent les tarifs. Au ratio du Congressional Budget Office lui-même, qui inclut les représailles et l'incertitude, environ 3 %; selon une simple estimation secteur par secteur, environ 22 %.
  • La propriété américaine. Au haut de sa fourchette, environ 28 %; au bas, environ 5 %.
  • La durée des tarifs, la donnée la plus difficile à connaître. S'ils s'estompent aussi vite que dans les cas passés propres au Canada, environ 57 %; aussi lentement que le laisse entendre l'historique d'avant 2025, environ 2 %.
Événement · 2026-02-24 · action · États-UnisLes tarifs fondés sur l'IEEPA cessent d'être perçus et une surtaxe mondiale temporaire de 10 % en vertu de l'article 122 entre en vigueur

Le décret 14389, « Ending Certain Tariff Actions », signé le 20 février 2026 après l'invalidation des tarifs fondés sur l'IEEPA par la Cour suprême, a mis fin à ces droits; ils n'étaient plus perçus sur les marchandises entrées à compter de 0 h (heure de l'Est) le 24 février. Le même jour, une surtaxe temporaire de 10 % sur les importations en vertu de l'article 122 du Trade Act of 1974 est entrée en vigueur pour une durée maximale de 150 jours. Les marchandises admissibles à l'ACEUM en sont exemptées.

Ce que cela signifie pour « les deux pays y gagnent »

Notre prévision compte le côté américain par l'approvisionnement : environ 85 % de chances que plus de ressources canadiennes parviennent aux États-Unis, ce qui reste une prévision accompagnée de probabilités. Comptés en revenu, les mêmes barils valent bien moins pour les États-Unis.

La moitié de ce à quoi nous nous attendons tient des deux côtés : la vague de construction profite aux deux pays; la guerre commerciale coûte aux deux. L'autre moitié, que les États-Unis obtiennent plus dans tous les cas, tient pour l'approvisionnement, pas comme gain net. Sur la trajectoire attendue, le Canada s'en sort probablement gagnant par rapport à 2024 d'ici 2034, et les États-Unis probablement un peu perdants; sur la décennie, les deux sont perdants.

Affirmation · résultatSur la trajectoire actuelle, voulue ou non, la vague de construction du Canada dans les ressources profite aux deux pays; la guerre commerciale, non. Les États-Unis obtiennent plus d'approvisionnement, et la nouvelle capacité vers le sud arrive en premier, dès 2027 : ils obtiennent plus d'approvisionnement dans tous les cas; en revenus, la vague de construction leur rapporte un peu, mais la guerre commerciale leur coûte davantage, si bien qu'ils ne s'en sortent gagnants en 2034 que si presque tous les dommages causés par les tarifs actuels ont disparu. Le Canada obtient une base de ressources plus large et la capacité de vendre ailleurs, ce qui déplace le rapport de force en sa faveur. D'ici 2034, le Canada s'en sort gagnant, sauf si la plupart des tarifs actuels sont encore en place; mais la décennie, prise dans son ensemble, le laisse perdant, et plus les tarifs durent, moins il en récupère.
Sur la trajectoire actuelle, voulue ou non, la vague de construction du Canada dans les ressources profite aux deux pays; la guerre commerciale, non. Les États-Unis obtiennent plus d'approvisionnement, et la nouvelle capacité vers le sud arrive en premier, dès 2027 : ils obtiennent plus d'approvisionnement dans tous les cas; en revenus, la vague de construction leur rapporte un peu, mais la guerre commerciale leur coûte davantage, si bien qu'ils ne s'en sortent gagnants en 2034 que si presque tous les dommages causés par les tarifs actuels ont disparu. Le Canada obtient une base de ressources plus large et la capacité de vendre ailleurs, ce qui déplace le rapport de force en sa faveur. D'ici 2034, le Canada s'en sort gagnant, sauf si la plupart des tarifs actuels sont encore en place; mais la décennie, prise dans son ensemble, le laisse perdant, et plus les tarifs durent, moins il en récupère.

Nous suivons les tarifs sur les produits canadiens, la décote du pétrole lourd, les participations américaines dans les nouveaux projets et les estimations officielles du coût des tarifs, et nous referons tourner les deux modèles quand les tarifs changeront, quand une entente sera conclue ou quand un projet changera d'étape.

Sources

  1. Statistics Canada, « Statistics Canada Table 33-10-0570-01: Foreign-controlled enterprises in Canada, by financial characteristics and selected country of control », 2024. ↩
  2. U.S. Department of the Treasury, « U.S. Portfolio Holdings of Foreign Securities as of December 31, 2024 », 2025-11-26. ↩
  3. Statistics Canada, « Canadian International Merchandise Trade (CIMT) database: imports by HS6 and country of origin, customs basis, HS chapters 73, 84, 85, 86, 89, 2023-2025 », 2026-07. ↩
  4. Western LNG, « Significant investment in Western LNG funds Ksi Lisims LNG and PRGT projects to FID », 2025-01-14. ↩
  5. U.S. Energy Information Administration, « Landed Costs of Imported Crude for Selected Crude Streams (annual) », 2026-09-01. ↩
  6. U.S. Energy Information Administration, « U.S. Natural Gas Exports and Re-Exports by Country (annual) », 2026-09-30. ↩
  7. U.S. Energy Information Administration, « U.S. Natural Gas Imports by Country (annual) », 2026-09-30. ↩
  8. Peterson Institute for International Economics, « US tariffs on Canada and Mexico would hurt all three economies; retaliation would worsen the damage », 2025-02-04. ↩
  9. Penn Wharton Budget Model, « The Economic Effects of President Trump's Tariffs », 2025-04-10. ↩
  10. Congressional Budget Office, « Budgetary and Economic Effects of Increases in Tariffs Implemented Between January 6 and May 13, 2025 (letter to Senators Schumer, Merkley and Wyden) », 2025-06-04. ↩
  11. The Budget Lab at Yale, « The State of U.S. Tariffs (interactive overview, updated August 24, 2026) », 2026-08-24. ↩
  12. Tax Foundation, « Tracking the Impact of the Trump Tariffs & Trade War », 2026-09-15. ↩
  13. Congressional Research Service, « U.S. Tariffs on Canadian Imports: Section 338 of the Tariff Act of 1930 », 2026-09-14. ↩
  14. U.S. Bureau of Economic Analysis, « NIPA flat files (NipaDataA.txt, NipaDataQ.txt, SeriesRegister.txt): GDP and GDP price index », 2026-09-01. ↩
  15. Congressional Budget Office (GitHub: US-CBO/cbo-data), « CBO economic projections, calendar year, February 2026 (cbo-data repository, calendar_2026-02.csv) », 2026-02-11. ↩
  16. Statistics Canada, « Table 36-10-0222-01: Gross domestic product, expenditure-based, provincial and territorial, annual ». ↩
  17. U.S. Energy Information Administration, « Company Level Imports, 2024 annual data (impa24d.xlsx) », 2025-01-01. ↩
  18. Federal Reserve Bank of New York (Liberty Street Economics), « Who Is Paying for the 2025 U.S. Tariffs? », 2026-02-12. ↩
  19. Distilled Spirits Council of the United States, « 2025 DISCUS American Spirits Exports Report », 2026-03-31. ↩
  20. Wine Institute, « Canada Bans Cut U.S. Wine Exports 78% in 2025 », 2026-03-04. ↩
  21. U.S. Bureau of Economic Analysis, « Table 2.3. U.S. Trade in Services, by Country or Affiliation and by Type of Service: Canada (release of July 7, 2026) », 2026-07-07. ↩
  22. US Department of Agriculture, « USDA Announces Commodity Payment Rates for Farmer Bridge Assistance Program », 2025-12-31. ↩
  23. US Department of Agriculture, « USDA Announces Enrollment Period and Payment Rates for Specialty Crop Farmers », 2026-05-29. ↩