Les probabilités
Ce sont nos estimations, et non des prévisions d’experts, publiées pour que vous voyiez ce que nous suivons et de quel côté nous penchons. Certaines proviennent de modèles simples fondés sur des cas passés comparables, les autres de notre jugement ; la raison donnée avec chacune précise de quel type il s’agit. Nous ne chiffrons que les questions qu’un événement public et daté peut trancher. Les raisons d’agir de Washington n’en font pas partie : ces lectures n’ont donc pas de probabilité, elles sont mises à l’épreuve au grand jour. Beaucoup de prévisions se révéleront fausses, et c’est prévu. Ce qui porte le poids, c’est la preuve présentée dans les articles. Chacune renvoie à son historique et aux raisons de ses changements ; la page Méthode explique comment fonctionnent les probabilités.
Où en est le résultat
Notre estimation actuelle de l’aboutissement du chantier, en parts qui totalisent 100 %. Des estimations, pas des mesures ; en date du .
- O0/O1Peu ou pas de volume supplémentaire vers les États-UnisSoit aucune véritable accélération, soit une construction plus rapide dont la production supplémentaire va surtout à d’autres acheteurs. Pas d’estimation distincte pour chacun ; c’est ce qui reste.15 %ensemble
- O2Plus vite, et davantage vers les États-UnisLe Canada construit plus vite et un plus grand volume atteint les États-Unis, même si la part américaine des exportations canadiennes diminue. Le Canada gagne aussi des routes vers d’autres acheteurs.62 %probabilité
- O3Davantage vers les États-Unis, à des conditions verrouilléesComme O2, avec en plus des conditions préférentielles pour les États-Unis inscrites noir sur blanc : clauses d’accords commerciaux, garanties d’approvisionnement ou propriété américaine.23 %probabilité
Les définitions précises : O0 · O1 · O2 · O3. Sur la page de O2, la probabilité compte « O2 ou plus » et inclut donc O3. Cette barre les sépare en « O2 seulement » et O3, si bien que ses parties totalisent 100 %.
Comment Ottawa joue ses cartes
Ce ne sont pas des réponses rivales dont une seule peut être vraie : Ottawa peut être à la fois opportuniste et sans empressement. Elles n’ont pas de probabilité, car aucun événement daté ne pourrait trancher si une description « s’applique ». Chacune est une grille pour lire ce que fait Ottawa; les éléments qui l’appuient sont sur sa page.
| Lecture |
|---|
| C0 Ottawa victime Victime : Ottawa ne fait que subir la pression. |
| C1 Ottawa opportuniste Opportuniste : Ottawa se sert de la crise (« il ne faut jamais gaspiller une bonne crise »). |
| C2 Ottawa sans empressement Sans empressement : Ottawa n'a pas demandé la crise et ne se presse pas d'y mettre fin. Il a rejeté l'entente provisoire annoncée le 18 … |
| C3 Ottawa se coordonne avec Washington Ottawa se coordonne avec Washington. Jugé improbable : ce serait inutile, et trop coûteux. |
Hypothèses mises à l’épreuve : une expérience de pensée
Supposons que Washington ait prévu et voulu ceci. Que devrait-on observer, et l’observe-t-on ?
Il s’agit d’une expérience de pensée volontairement à contre-courant, et non de la conviction de l’auteur. Les affirmations du journal portent sur le résultat ci-dessus, qui tient que quelqu’un l’ait voulu ou non. La lecture « prévu et voulu » est toujours présentée avec ses rivales (accident, simple intérêt propre, annexion ou fragmentation), et les tests passent avant les verdicts. Aucune de ces lectures n’a de probabilité : l’intention ne s’observe pas, donc aucun événement ne pourrait trancher un tel chiffre. Nous publions plutôt ce que prévoit chaque lecture et ce que les recherches ont trouvé.
D’abord, les tests
16 prédictions enregistrées d’avance précisent ce que prévoit chaque lecture. 1 est tranchée jusqu’ici :
- P14 : « Était-ce prévu? » (test de prévoyance 1) Évaluée
Rien de trouvé qui soit lié à l'entourage de l'administration, dans la recherche sur la prévoyance et son suivi. Des analystes extérieurs avaient bien prévenu que la pression pourrait pousser le Canada à diversifier ses échanges, mais aucun d'eux n'était proche de l'administration, et un initié interrogé directement (le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, en février 2025) a écarté l'idée. Selon ce test, c'est une preuve faible en faveur du simple intérêt propre : elle compte contre les lectures de prévoyance, mais un peu seulement, car une prévoyance privée n'apparaîtrait pas dans les sources publiques.
Le tableau complet, y compris ce qui compterait contre chaque lecture.
Ce que disent les éléments de preuve jusqu’ici
Sur 207 événements évalués à la fois selon la lecture du simple intérêt propre (I0b) et selon la lecture « prévu et voulu » (I2), 135 cadrent autant avec l’une qu’avec l’autre : ils sont non discriminants et ne permettent pas de les départager. Parmi les autres, 7 cadrent mieux avec la lecture « prévu et voulu » et 65 avec celle de l’intérêt propre.
Les lectures côte à côte
| Lecture | Ce qu’elle dit |
|---|---|
| I0a Accident | Accident : l'impulsion, les rancunes et la politique intérieure guident la politique américaine; la concordance est une coïncidence. |
| I0b Simple intérêt propre; la réaction du Canada n'a pas été prise en compte | Le simple intérêt propre des États-Unis. La réaction du Canada, qui s'est mis à bâtir, n'a pas été prise en compte; c'est un effet secondaire. |
| I1 Prévu et bien accueilli, mais pas la raison | La réaction du Canada a été prévue et bien accueillie, mais ce n'est pas la raison pour laquelle la pression a été exercée. |
| I2 Prévu et voulu (ce niveau ou plus) | Une expérience de pensée, et non l'opinion de l'auteur. La pression a été exercée au moins en partie parce que la réaction prévisible du Canada (délivrer des permis, bâtir et exporter) sert les objectifs américains. Cela suppose de la prévoyance et une volonté, et non une gestion ou un minutage. |
| I3 Plan élaboré avec des cibles précises fait partie de I2 | La version la plus forte de l'expérience de pensée sur la prévoyance : un plan élaboré avec des cibles précises (des projets nommés, un échéancier). |
| R-weaken Lectures rivales visant à affaiblir le Canada (annexion ou fragmentation) (lecture rivale) | Annexion et fragmentation : le but est d'affaiblir le Canada en tant que pays. Les deux sont évaluées ensemble, en une seule estimation, parce que rien ne les distingue encore. |
| R-annex Annexion (lecture rivale) fait partie de R-weaken | Le but est d'absorber le Canada ou de le subordonner. Cette lecture prédit « jamais d'entente », et non « pas encore d'entente ». |
| R-frag Fragmentation (lecture rivale) fait partie de R-weaken | Les États-Unis cherchent peut-être à démembrer le Canada, et non à le faire bâtir. |
Les lignes en retrait font partie de la ligne au-dessus. Formules employées ici : « compatible avec », « cadre autant », « non observé dans les sources publiques ».
Risques peu probables
Des risques peu probables, suivis au moyen d’indicateurs d’alerte : ce ne sont pas des prévisions. Des questions distinctes : leur total ne fait donc pas 100 %, et elles ne s’ajoutent pas aux lectures ci-dessus. Chacune est la probabilité que la description se réalise d’ici la date indiquée, avec sa fourchette.
| Lecture | Ce qu’elle dit | Probabilité | En date du |
|---|---|---|---|
| M1 Action militaire américaine contre le Canada | Des forces américaines mènent une action militaire cinétique ou d'occupation contre le territoire, les forces ou les infrastructures canadiennes d'ici le 31 décembre 2027. Sont exclus les cyberopérations, les mesures d'application à la frontière et les exercices conjoints courants. | 0,05 % 0,05 %–2 % | 6 octobre 2026 |
| M2 Les États-Unis refusent d'exclure le recours à la force contre le Canada | Un haut responsable américain (le président, le vice-président, l'attaché de presse de la Maison-Blanche, un secrétaire du cabinet ou le chef d'état-major interarmées) refuse publiquement d'exclure le recours à la force militaire contre le Canada, en réponse à une question ou de lui-même, d'ici le 31 décembre 2027. Dire que la force est improbable sans l'exclure ne compte pas; refuser de répondre quand on pose directement la question au sujet du Canada, ou dire que la force est une option, compte. Seules comptent les déclarations faites après le 28 septembre 2026, date où la question a été enregistrée. | 13 % 3 %–27 % | 6 octobre 2026 |
Indicateurs d’alerte, enregistrés à l’avance : P17 : « Le ciel commun tient » · P18 : « Posture diplomatique normale » · P19 : « Le Gripen déclenche une menace sur le NORAD » · P20 : « Le projet de loi sur l'invasion de l'OTAN reste au point mort ». Toutes les prédictions, avec ce que chacune montrerait.
Comment les probabilités sont fixées
Chaque estimation n’est révisée qu’avec une raison consignée : un nouvel élément de preuve, une révision, une contestation ou un changement de définition. Chaque changement figure dans le registre des corrections et sur la page de chaque lecture. La méthode explique comment la preuve est pesée.