Méthode
Comment les éléments de preuve sont recueillis, pesés et publiés, et ce que signifient les étiquettes employées sur ce site.
Les gestes avant les paroles
Chaque événement au dossier porte un niveau de preuve :
- Action quelque chose a été fait : une loi mise en vigueur, un droit de douane imposé, de l’argent engagé, un tuyau posé. Poids le plus élevé.
- Document un document officiel : un projet de loi, un dépôt réglementaire, le texte d’un accord.
- Déclaration quelque chose a été dit. Poids le plus faible, parce que les paroles coûtent moins cher que les gestes.
La même règle distingue les étapes d’une loi. Un projet de loi adopté mais jamais mis en vigueur n’équivaut pas à une loi en vigueur, et une loi en vigueur n’équivaut pas à une loi qui a été appliquée. La page des lois montre chaque étape avec sa date.
Étiquettes de prudence
Certains événements sont contestés, mais méritent quand même d’être consignés. Plutôt que de les écarter, nous les publions avec une étiquette de prudence et une courte note qui explique pourquoi. Il y en a cinq sortes :
- Allégation non prouvée une affirmation que personne n’a confirmée.
- Version d’une seule partie seulement le récit qu’une partie fait de ses propres gestes.
- Sources anonymes rapporté par un média qui cite des sources non nommées.
- Récit de seconde main quelqu’un rapporte ce que d’autres ont dit ou fait.
- Source unique un seul média l’a rapporté.
Les étiquettes de prudence sont distinctes des niveaux de preuve ci-dessus (action, document, déclaration). Le niveau dit de quel genre d’événement il s’agit ; l’étiquette de prudence dit à quel point nous en sommes sûrs. L’étiquette est fixée par l’auteur, et tout ajout, changement ou retrait est consigné dans le registre des corrections.
Le résultat d’abord
Les affirmations du journal portent sur les résultats : ce qui se construit, où ça va et qui paie. Elles reposent sur des gestes et tiennent, que quelqu’un les ait voulus ou non.
L’intention comme expérience de pensée
La question de l’intention est traitée à part, comme un test volontairement à contre-courant : supposons que Washington ait prévu et voulu ceci. Que devrait-on observer, et l’observe-t-on ? Ce n’est pas la conviction de l’auteur. Les règles :
- La lecture « prévu et voulu » n’est jamais présentée seule ; les lectures rivales (accident, simple intérêt propre, annexion ou fragmentation) figurent toujours à côté.
- Aucune lecture n’a de probabilité. L’intention ne s’observe pas : aucun événement daté ne pourrait jamais trancher un tel chiffre, et en publier un prétendrait à une précision que nous n’avons pas. Nous publions plutôt ce que prévoit chaque lecture et ce que les recherches ont trouvé.
- Les tests passent avant les verdicts : les prédictions sont enregistrées d’avance, avec ce qui compterait contre chaque lecture.
- Les mots sont pesés : « compatible avec », « cadre autant », « non observé dans les sources publiques ». Jamais « la preuve que ».
Ce que veut dire « non discriminant »
Un événement est non discriminant lorsqu’il cadre aussi bien avec deux lectures concurrentes : il ne permet donc pas de les départager. Un droit de douane qui sert le simple intérêt américain et qui cadre aussi avec la lecture « prévu et voulu » n’appuie ni l’une ni l’autre davantage, aussi frappant soit-il.
Chaque événement peut être évalué selon chaque lecture (concorde, contredit ou neutre ; faible, modéré ou fort). Lorsque la lecture de l’intérêt propre (I0b) et la lecture « prévu et voulu » (I2) reçoivent le même jugement, l’événement est marqué comme non discriminant sur sa page. Plutôt que d’affirmer qu’un fait « ne nous apprend rien sur l’intention », on le montre.
Jusqu’ici, 135 des 207 événements évalués selon les deux lectures sont non discriminants.
À propos des probabilités
Certains de ces chiffres proviennent de modèles simples. Quand on peut compter des cas passés comparables, nous consignons les règles du modèle avant de le faire tourner, puis nous publions son résultat avec sa fourchette et ses points faibles. Deux questions sur le résultat (O2 et O3) et les deux risques extrêmes (une action militaire américaine contre le Canada, M1, et le refus d’un haut responsable américain d’exclure le recours à la force contre le Canada, M2) sont chiffrés de cette façon. Les autres sont nos propres jugements. La raison donnée avec chaque chiffre précise de quel type il s’agit.
Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes un journal indépendant et généraliste, et non des spécialistes de l’énergie, du commerce ou de la défense : lisez ces chiffres comme un avis informé, et non comme des prévisions d’experts. Ce sont des estimations, pas des mesures.
Ils sont publiés pour deux raisons. D’abord par transparence : vous voyez ce que le journal suit et de quel côté nous penchons, et vous pouvez juger les articles en tenant compte de ce biais. Ensuite, parce qu’ils sont un outil de travail : attacher un chiffre daté à une opinion oblige à la confronter à ce qui se produit réellement.
Nous n’attachons de probabilités qu’à une question qu’un événement public et daté viendra trancher, pour que chaque prévision puisse être évaluée. Beaucoup de prévisions se révéleront fausses. C’est prévu, et chaque erreur reste au dossier. Certains articles donnent aussi l’estimation d’un modèle sous une condition précisée, par exemple comment le Canada s’en tire si les tarifs actuels s’estompent comme les précédents, ou avec une entente donnée. Ce sont des scénarios, pas des prévisions : ils disent ce qui s’ensuit si la condition se réalise, pas quelle est la probabilité qu’elle se réalise, et ils sont présentés comme tels. Quand l’incertitude est réelle, une fourchette est indiquée, et chaque changement est consigné avec sa raison sur la page de la lecture concernée et dans le registre des corrections.
Les probabilités ne sont pas le produit. Elles servent à décider où creuser. Ce que le journal publie, c’est ce que ces recherches font ressortir, et chaque affirmation renvoie à ses sources. C’est la preuve qui porte le poids, pas nos titres.
Notre usage des marchés de prédiction
Nous suivons les marchés de prédiction et les sites de prévision (comme Polymarket, Kalshi et Metaculus) sur les questions que ce journal suit. Nous ne parions pas sur ces marchés, et nous les abordions avec scepticisme, jusqu’à ce que ce projet leur trouve une utilité.
Nous ne nous en servons pas pour nous informer. La plupart des marchés sur des questions canadiennes sont peu liquides, et un prix peut bouger sur une poignée de mises : nous les traitons donc comme des signaux faibles. Nous nous en servons pour les comparer à nos propres probabilités. Quand la foule et le journal divergent nettement, nous creusons : qu’est-ce que nous ne suivons pas qui pourrait expliquer l’écart ? Parfois, la réponse est un développement qui nous avait échappé, parfois un chiffre à nous qui n’était plus à jour, parfois simplement du bruit dans un marché peu actif.
C’est de la critique constructive gratuite. Un prix de marché ne modifie jamais nos probabilités à lui seul ; seules les preuves que ces recherches font ressortir le peuvent, et le registre des changements cite ces preuves, pas le prix.
Ce que couvre notre chronologie
La chronologie consigne ce que nous avons trouvé dans les médias d’information, les documents officiels et d’autres sources publiées, dans la mesure de nos recherches. Ce n’est pas un relevé de tout ce qui a jamais été dit sur un sujet. Nous ne surveillons pas chaque influenceur, chaîne YouTube, balado, compte TikTok ou compte de réseau social. Quand nous indiquons le moment où le public a appris quelque chose, il s’agit donc de la plus ancienne couverture trouvée dans ces sources. Quelqu’un a très bien pu le dire, ou le prédire, plus tôt, là où nous ne regardions pas. Si vous connaissez une source antérieure vérifiable, écrivez-nous à contact@carnet49.ca : nous la vérifierons et corrigerons le dossier.
Les prédictions
Chaque prédiction est enregistrée avec une date, une période et un énoncé de ce qui compte, avant que le résultat soit connu. Les observations sont consignées au fil des événements ; seules celles qui sont marquées comme comptant alimentent le résultat. Le tableau des prédictions montre chaque test et chaque résultat, y compris ceux qui ont contredit les lectures du journal.
Règles sur les sources
- Chaque source indique comment on peut y accéder : document primaire, accès libre, abonnement, copie archivée ou vue seulement sous forme d’extrait.
- Les sources derrière un mur payant ne sont jamais citées textuellement. Elles sont mentionnées en appui, avec un lien vers l’éditeur ; le fait lui-même repose sur une source gratuite ou officielle. Quand un média payant est la seule source, le fait est énoncé dans nos propres mots et lui est attribué.
- Un texte vu seulement dans des résultats de recherche n’est jamais cité.
- Une citation qui ne peut pas être montrée (accès payant, ou pas encore approuvée) est signalée comme telle au lieu d’être retirée en silence.
- Seuls les éléments approuvés pour publication entrent dans le dossier public. Par défaut, un événement n’est publié que s’il s’agit d’une action ou d’un document appuyé par au moins une source gratuite d’un gouvernement, d’une assemblée législative ou d’un tribunal ; les autres sont publiés une fois vérifiés.
Le service de recherche
Un service de recherche automatisé fait une bonne partie de la collecte : il trouve et classe des documents, consigne des événements datés, récupère des séries de données publiées et propose la façon dont chaque élément de preuve se rapporte à chaque affirmation. Il rédige aussi les articles. L’auteur révise ces propositions, les accepte, les corrige ou les rejette, et débat de chaque version avant de l’approuver (comment ce site utilise l’IA). Le travail du service est consigné ; les notes de révision ne sont pas publiées.